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WOLBE, une garde-robe pour rester libre de ses mouvements

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Transpiration, odeurs, confort… pas toujours facile de se déplacer à vélo en respectant le dress-code imposé par la vie professionnelle. Les vêtements sont rarement adaptés à l’effort. Partant de ce constat, Yann Behr décide de lancer en octobre 2019 sa gamme de vêtements à vivre en s’inspirant du vestiaire de sport. Nous sommes allés à sa rencontre pour en apprendre plus sur cette marque française de vêtements éco-responsables.

Directeur commercial et marketing dans la grande consommation, fan de sport, Yann Behr se heurtait dans sa vie de tous les jours à une grande frustration : il ne trouvait pas de vêtements capables de l’accompagner dans ses rendez-vous professionnels pour lesquels il se déplaçait à vélo. Il lui fallait faire des choix avec un sentiment de perte totale de liberté. De cette frustration est né un projet, WOLBE, une marque d’habillement pour hommes, alliant l’élégance, la technicité des vêtements de sport et le respect de la nature. Ce dernier pilier a d’ailleurs un poids très important pour lui, grand adepte de sport outdoor et confronté trop souvent à la dégradation de la nature. En se lançant dans cette entreprise, Yann Behr a un but bien précis : « Permettre aux hommes actifs de se libérer de la contrainte vêtement tout en leur offrant la possibilité de faire ce dont ils ont envie, sans se brider à cause d’une réunion. »

Élégance, technicité et respect de la nature

Pour une jeune marque, la facilité aurait certainement été de se rendre en Asie pour concevoir et fabriquer des produits à moindre coût. Mais telle n’est pas la philosophie de Yann qui, rejoint quelques mois plus tard par sa compagne Marie-Laure, entend bien proposer des produits de qualité avec une empreinte carbone la plus faible possible. « C’est la raison pour laquelle nous avons à cœur de maîtriser la totalité de la chaîne de production de nos produits, du stylisme à la vente sur notre site. » Cependant, il faut bien le reconnaître, impossible de travailler dès le lancement avec des entreprises françaises. Yann Behr va donc chercher ses tissus en Italie et en Allemagne avant de faire fabriquer les différents produits de la gamme en Italie, Lituanie ou Turquie en fonction de leur technicité.

Renforcer la résistance à l’abrasion

Cette volonté de produire des vêtements éco-responsables impose également quelques concessions. « De plus en plus de nos clients, adeptes du vélotaf, regrettent la moindre résistance à l’abrasion de la laine Mérinos, matière très importante dans la conception des produits de la gamme » reconnaît le fondateur de la marque Wolbe. Et c’est vrai qu’au niveau des pantalons, cela peut poser un petit problème en raison du frottement de l’intérieur des cuisses contre la selle. «Pour nous, l’utilisation de Polyamide pour renforcer la fibre n’entre pas dans notre vision éco-responsable. Cependant nous réfléchissons à intégrer du tissu Cordura qui renforcerait la matière pour une meilleure résistance à l’abrasion. Cela permettra à nos clients de conserver leur pantalon plus longtemps. Donc sur le plan éco-responsable, on s’y retrouverait » explique Yann Behr.

Rester chic à vélo

Mais en attendant, la gamme Wolbe se compose donc de chemises, travaillées pour la plupart en laine Mérinos, «une matière choisie pour ses propriétés thermorégulatrices », précise l’ancien directeur commercial. « De plus, elle absorbe la transpiration et les odeurs, sèche très vite et ne se froisse pas ! » Petit plus, et non des moindres, c’est une matière vraiment agréable à porter à même la peau ! Les coupes sont adaptées à la pratique du vélo avec une longueur qui évite à la chemise ou au polo de sortir au niveau du dos, du pantalon, lorsque le cycliste pédale. La marque propose aussi un blazer très léger et infroissable qui peut se rouler dans un sac sans perdre sa tenue. On retrouve dans certains produits, de la fibre Tencel produite à partir de pulpe de bois, aux propriétés respirantes et résistantes. « Quel que soit le produit, chemise, polo, veste, blazer, l’idée est d’avoir quelque chose de facile à porter, qui tombe bien et qui soit facile d’entretien », insiste Yann Behr.

Précommande, avance de trésorerie et livraison rapide

Concernant la commercialisation, difficile pour une jeune marque textile de passer par le réseau traditionnel, d’autant qu’en l’état actuel, les produits Wolbe ne s’inscrivent pas dans la vente de masse. « L’idée des collections, c’est de réaliser à chaque fois des petites séries entre 100 et 150 pièces. Chaque modèle est mis en précommande sur notre site, afin d’étaler les coûts de fabrication et de nous assurer une avance de trésorerie. Cela nous permet également d’affiner notre production en fonction des tailles les plus demandées » raconte le patron de Wolbe. « Puis au milieu de la campagne de précommande, nous lançons la production afin de réduire au maximum les délais de livraison. Nous sommes une petite marque et nous ne pouvons pas nous permettre de faire attendre nos clients plus de 15 jours après la clôture des précommandes. A la fin des précommandes, les clients sont livrés en 15 jours. On est une jeune marque et on ne peut pas se permettre de faire attendre les clients pendant trois à quatre mois après l’achat. »

Avec de tels produits, on ne peut regretter qu’une chose : que les femmes qui aiment se déplacer à bicyclette soient encore délaissées. Mais notre petit doigt nous dit que cela pourrait bien évoluer dans un avenir proche… et on s’en félicite !

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