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Vélib’Métropole, le grand couac

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Mais pourquoi la Mairie de Paris a-t-elle pris le risque de changer d’opérateur pour la gestion de Vélib’ en remplaçant la société Decaux par Smovengo ? Telle est la question que se pose les 300 000 abonnés du service. Pendant 10 ans, le système a bien fonctionné et les Parisiens l’avaient largement plébiscité. Oui mais voilà, le contrat est arrivé à son terme et un nouvel appel d’offre a été passé. La société montpelliéraine c’est alors positionné avec des vélos plus modernes, dont 1/3 d’électriques, sans oublier l’extension du système à un plus grand nombre de communes. Et en plus, l’offre Smovengo était moins chère que celle de son concurrent. Autant d’atouts qui ont su séduire les élus du grand Paris !

Oui mais voilà, depuis le passage de témoin, plus rien ne va. Fin avril, on ne recensait que 670 stations installées sur les 1400 attendues. Quant aux vélos électriques, 3000 d’entre eux étaient inutilisables. Bilan, le nombre d’abonné est passé de 290 000 fin 2017 à 219 000 fin avril. Pourquoi un tel retard ? Cela vient en priorité de problèmes électriques. Les nouvelles installations ont besoin d’un voltage supérieur à celui qui était utilisé par les bornes JC Decaux afin de recharger les vélos électriques. Mi-mars, pour répondre à toutes les attaques dont il était l’objet, le nouvel opérateur publiait un communiqué dans lequel il expliquait que ce retard était dû à une mauvaise gestion du projet par le Syndicat Autolib’ et Vélib’ qui aurait transmis un cahier des charges incomplet. “Nous devons relier les nouveaux équipements Vélib’ au mobilier ­urbain électrifié (lampadaires, feux tricolores, colonnes Morris, etc.) se situant à moins de 2,50 mètres d’une station ; mais souvent nous ne disposons pas des indications techniques de ce mobilier parce qu’elles n’existent pas. Aujourd’hui 544 stations ne peuvent être raccordées à cause de ces imprécisions techniques”. Pour faire face à cela, Smovengo a décidé d’équiper les stations non raccordées, de batteries nécessitant une recharge régulière. Si cela n’est pas fait, il devient impossible de prendre un vélo, qu’il soit bleu (électrique) ou vert. Or du fait de la grève des employés de la société, les batteries ne sont plus rechargées et de nombreux vélos sont inutilisables. Et quand les usagers arrivent à trouver une borne qui marche, c’est le retour qui devient compliqué. Quant au service client, il semble faire l’unanimité contre lui !

Devant ce fiasco, de nombreux élus commencent à laisser entendre qu’il faut dénoncer le contrat et relancer un appel d’offre. Une idée viable ? Pas sûre ! En effet, pour dénoncer un tel contrat (de 15 ans) il faut prouver un dysfonctionnement total. De plus, il faudrait lancer un nouvel appel d’offre et mettre en place un nouveau système soit deux ans minimums sans système de VLS dans la Métropole Parisienne. Or, même si le Vélib Smovengo bug, on peut penser que d’ici trois ou quatre mois, les choses rentreront dans l’ordre. C’est pour accélérer le mouvement que la Mairie de Paris a donc demandé un plan d’urgence à la société Smovengo pour permettre aux franciliens de pouvoir enfin bénéficier d’un service digne de ce nom dans les plus brefs délais.